L’institut VBHI lance un projet de recherche inédit en Europe pour évaluer l’approche de l’imagerie cérébrale à très bas champ, avec l’ambition de rendre la prévention vasculaire cérébrale plus accessible aux patients, y compris dans les territoires éloignés des grands centres hospitaliers.
Identifier les premiers signes d’une maladie longtemps silencieuse
Les maladies vasculaires cérébrales constituent un enjeu majeur de santé publique. Parmi elles, les accidents vasculaires cérébraux (AVC) et les démences liées aux atteintes vasculaires représentent des causes importantes de mortalité, de handicap et de perte d’autonomie.
Pour mieux les prévenir, une question est aujourd’hui centrale : peut-on détecter et mesurer suffisamment tôt les atteintes des petits vaisseaux du cerveau avant que la maladie ne provoque des symptômes ?
C’est l’ambition du projet de recherche porté par l’institut VBHI, sous la responsabilité du Pr Thomas Tourdias, neuroradiologue, PU-PH université de Bordeaux et CHU de Bordeaux et membre du comité de direction VBHI.
« Il ne s’agit donc pas de remplacer l’IRM à haut champ utilisée en pratique clinique, mais d’évaluer pour quels usages une IRM à très bas champ pourrait fournir une information suffisante, notamment dans une perspective de prévention et de suivi au plus près des populations », souligne le Pr Thomas Tourdias.
Détecter les signes de la maladie avant qu’elle ne provoque des symptômes
La maladie des petits vaisseaux cérébraux est extrêmement fréquente, notamment avec l’avancée en âge. Elle peut rester longtemps silencieuse tout en provoquant progressivement des lésions visibles en imagerie cérébrale (dits « marqueurs »).
Ces marqueurs sont associés à un risque accru de survenue ultérieure d’un AVC ou de troubles cognitifs. Ils peuvent également être associés à des difficultés de marche et d’équilibre ou à des troubles de l’humeur.
L’objectif du projet est de déterminer si une imagerie cérébrale plus facilement accessible peut permettre de visualiser et de quantifier ces marqueurs de façon suffisamment précoce et fiable pour ralentir l’arrivée des symptômes de la maladie grâce à la stratégie de prévention développée au sein de l’institut VBHI.
Vers une imagerie cérébrale au plus près des populations
De nouvelles méthodes d’analyse, notamment automatisées, seront développées pour identifier et mesurer ces marqueurs à très bas champ magnétique. Les résultats seront comparés à ceux obtenus avec une IRM à haut champ, couramment utilisée dans le cadre du soin.
L’intérêt du très bas champ réside notamment dans les possibilités qu’il ouvre en matière de compacité et de mobilité. L’une des perspectives du projet est de rendre cette approche d’imagerie mobile et déployable en dehors de l’hôpital, notamment au sein d’un camion médicalisé.
L’objectif serait de pouvoir, si les résultats de la recherche le permettent, réaliser des mesures de santé vasculaire cérébrale directement dans les territoires, y compris dans les zones éloignées des centres spécialisés.
Une telle évolution pourrait contribuer à faciliter l’accès à l’imagerie et à identifier plus facilement les personnes présentant des marqueurs précoces de maladie des petits vaisseaux cérébraux.
L’enjeu est ainsi à la fois scientifique, médical et territorial : déterminer si une nouvelle approche de l’imagerie peut contribuer à une prévention plus précoce tout en rapprochant les outils de diagnostic et de suivi des populations.
Une première étape technologique en Europe
Pour mener cette recherche, l’institut VBHI devient le premier centre en Europe à intégrer la deuxième génération d’une IRM mobile à très bas champ magnétique.
L’institut VBHI développe l’approche d’imagerie à bas champ et très bas champ avec l’acquisition de plusieurs équipements rendus possibles avec le financement de la Région Nouvelle-Aquitaine, à hauteur de 405 033 euros, et grâce à l’aide de l’État au titre de France 2030 de l’institut VBHI.
Le projet est conduit au sein de la plateforme d’imagerie biomédicale (pIBio – unité CNRS et université de Bordeaux).
L’équipement utilisé est une IRM mobile Swoop®, développée par Hyperfine et acquise auprès de son revendeur français UpCare.
Le système Swoop®️ Portable MR Imaging®️ développé par Hyperfine est le premier système d’imagerie par résonance magnétique (IRM) portable alimenté par l’intelligence artificielle.
Doté d’un champ magnétique ultra-bas de 0,064 Tesla, il permet de réaliser une imagerie cérébrale diagnostique directement au chevet du patient, éliminant ainsi les transferts complexes et risqués.
La société UpCare, partenaire et distributeur français de cette technologie, accompagne son déploiement clinique et sera présente aux Journées Francophones de Radiologie (JFR) du 8 au 11 octobre à Paris pour présenter la deuxième génération de cette IRM mobile.
Si les résultats de l’expérimentation sont concluants, ils pourraient ouvrir la voie à de nouvelles modalités de prévention et de surveillance des pathologies vasculaires cérébrales, avec la perspective de rendre ces approches accessibles à un plus grand nombre de personnes, indépendamment de leur lieu de résidence.
Plus d’infos : communiqué de presse dédié
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