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Visuel sur l'article sur la dépression post-AVC
Dr Nicolas Borderies ©VBHI

Nicolas Borderies est neurologue chef de clinique au sein de l’unité neurovasculaire du Pr Igor Sibon, directeur par intérim VBHI, au CHU de Bordeaux. Il est également chercheur post-doctoral affilié au Groupe de Neuro-Imagerie Fonctionnelle (GIN) dirigé par le Dr Michel Thiebaut de Schotten, directeur adjoint Intelligence artificielle & Imagerie VBHI. Sa dernière étude fait la lumière sur les possibilités de prédiction de la dépression suite à la survenue d’un accident vasculaire cérébrale (AVC). Entretien.

Parlez-nous de vous, quel est votre parcours ?

Après un doctorat en neuroscience à l’Institut du Cerveau à Paris, j’ai soutenu ma thèse en 2020 qui portait sur le rôle des neuromodulateurs et des régions cérébrales préfrontales dans l’apathie.

J’ai également suivi un cursus médical avec une spécialisation en neurologie et j’ai effectué un internat à Bordeaux au sein de l’Unité NeuroVasculaire (UNV) ainsi qu’à l’Institut des Maladies Neurodégénératives (IMN) du CHU de Bordeaux.

Au cours de ma formation, j’ai mené une thèse d’exercice portant sur les biomarqueurs d’imagerie cérébrale de la dépression post-AVC sous la supervision du Pr Igor Sibon et du Dr Michel Thiebaut de Schotten.

Actuellement, j’assure le recrutement, l’évaluation et le suivi des patients du programme de développement « VBHI – BrainVasc Cohort & Biobank » et je ferai de même avec ceux qui consulteront très prochainement dans le cadre du programme de développement « VBHI – Innovation & Prevention clinic ». Je suis également en charge du lien entre VBHI et l’activité clinique de l’Unité NeuroVasculaire du CHU de Bordeaux.

Quel est votre sujet de recherche ?

Mon parcours médical et scientifique m’a mené à me poser des questions cliniques à l’aide d’outils issus des neurosciences modernes, que cela soit via l’analyse en neuroimagerie, en modélisation statistique, ou en analyse d’explorations fonctionnelles telles que l’électroencéphalogramme.

Mon activité actuelle se concentre sur la maladie des petits vaisseaux cérébraux avec l’utilisation d’outils pour mieux la caractériser, mieux comprendre le devenir des patients, notamment déterminer le risque d’AVC ou de trouble cognitif majeur ; et également, participer à des études innovantes pour proposer des médicaments de prévention cérébrovasculaire.

Pourquoi vous intéressez-vous à la dépression post-AVC ?

La dépression post-AVC est une complication majeure et fréquente suite à un AVC qui concerne environ 1/3 des patients victimes d’AVC.

Elle est source d’un handicap invisible qui peut être la principale cause de difficultés :

  • de retour à l’emploi,
  • de réinsertion sociale,
  • de mortalité, et
  • de perte en qualité de vie.

Il n’y a aucun algorithme validé à ce jour pour détecter précocement les patients à risque de dépression post-AVC dans l’espoir de pouvoir prévenir sa survenue.

De plus, il existe un débat actuel sur le rôle respectif des facteurs psychosociaux et celui des facteurs biomédicaux.

Cette étude s’est donc intéressée à déterminer si l’on pouvait prédire le risque de dépression après un AVC en tenant compte de tous ces facteurs, et quels facteurs avaient le plus grand poids.

Pourquoi s’agit-il d’une découverte majeure ?

Les résultats de cette étude montrent que l’intensité des symptômes dépressifs peut être prédite à 3 mois sur la base de facteurs psychosociaux tels que :

  • le sexe féminin,
  • le fait d’être en situation de précarité économique,
  • le fait d’avoir un faible niveau cognitif et
  • la présence de symptômes dépressifs dès les premiers jours suite à l’AVC (ce qui n’était pas forcément garanti puisque les symptômes émotionnels lors des premiers jours font partie de la réponse attendue au psyschotrauma que constitue un AVC).

Ces paramètres psychosociaux pèsent le plus dans le modèle prédictif de dépression post-AVC.

Les caractéristiques de l’AVC à l’imagerie ont également permis de prédire la survenue d’une dépression avec notamment :

  • une localisation dans le lobe frontal ou le cervelet,
  • une lésion du cortex somatomoteur primaire,
  • une désorganisation de grands réseaux cérébraux

Quelle est la suite ?

Les essais thérapeutiques visant à prévenir le risque de dépression post-AVC ont pour le moment obtenu des résultats mitigés en raison d’un risque encouru lié à la prescription de médicaments pour un bénéfice insuffisant.

On pourra envisager prochainement de mieux sélectionner les patients à haut risque de dépression post-AVC pour leur proposer un accompagnement personnalisé, qui pourrait comprendre de façon précoce :

  • une intervention psychosociale,
  • un traitement antidépresseur adapté,
  • voire des techniques de neuromodulation ciblée selon les caractéristiques de l’AVC.

Plus d’infos :

  • Article scientifique : Borderies N, Duttagupta S, Tourdias T, Berthoz S, de Schotten MT, Sibon I. A comparison of clinical, lesion-based and connectome-based models of post-stroke depression: a prospective longitudinal study. Neuroimage Clin. 2025 Nov 16;48:103911. doi: 10.1016/j.nicl.2025.103911. Epub ahead of print. PMID: 41270679; PMCID: PMC12671036.

EM

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