Porté par le CHU de Bordeaux, le programme de développement « VBHI – BrainVasc Cohort & Biobank », dont le responsable scientifique est le Pr Igor Sibon accompagné des Pr Thierry Couffinhal et Pr Stéphanie Debette, respectivement co-responsable scientifique et responsable omiques, a débuté le 6 octobre dernier et compte déjà 100 participants. Focus.
Qu’est-ce que BrainVasc et pourquoi l’avoir créé ?
Le programme de développement « VBHI – BrainVasc Cohort & Biobank », également appelé « cohorte BrainVasc » ou « étude BrainVasc », a pour objectif de constituer une cohorte de 10 000 participants qui seront suivis sur 3 ans.
Mais qu’est-ce qu’une cohorte ?
Une cohorte est un groupe de sujets suivis dans le temps dans le cadre d’une recherche. Ce groupe est choisi en fonction d’un critère commun qui peut être un évènement survenu au cours d’une période de temps (une maladie par exemple) ou alors une ou plusieurs caractéristiques communes.
L’étude de cette cohorte consiste alors à observer la survenue d’événements de santé au sein de cette population, ceci pendant plusieurs années. Ce qui permet, notamment, d’évaluer les liens entre des facteurs (démographiques, biologiques, comportementaux, environnementaux, génétiques…) et la survenue d’événements de santé.
Concrètement, l’étude BrainVasc va permettre de mieux comprendre les causes de la survenue de la maladie des petits vaisseaux cérébraux et de son évolution. L’objectif est de pouvoir identifier les facteurs de risque de cette maladie, qu’ils soient biologiques ou liés à l’environnement, c’est-à-dire de définir les caractéristiques individuelles et environnementales qui augmentent la probabilité de survenue d’un accident vasculaire cérébral (AVC). Cela aidera à développer des mesures de prévention personnalisées pour protéger la santé du cerveau.
Pourquoi a-t-on besoin de BrainVasc ?
La maladie des petits vaisseaux cérébraux, peut être responsable d’AVC et de certains types de démence. Ces affections touchent des millions de personnes dans le monde et sont également une cause majeure de handicap et de perte d’autonomie, notamment chez les personnes âgées.
Afin de mieux comprendre la maladie des petits vaisseaux cérébraux et son impact sur la santé des personnes, il est nécessaire d’étudier l’état de santé des patients qui en sont atteints. C’est pour cela que la cohorte BrainVasc a été créée. Elle va permettre de concevoir une grande base de données de patients atteints ou à haut risque de maladies vasculaires cérébrales.
Quels seront les bénéfices d’une telle étude ?
A l’échelle de la population, les bénéfices attendus sont multiples.
L’étude de la cohorte BrainVasc va permettre :
- L’avancement des connaissances concernant les maladies vasculaires cérébrales, grâce à l’identification de nouveaux biomarqueurs diagnostiques et/ou pronostiques :
- Biomarqueurs qui seraient associés aux marqueurs de sévérité de la maladie des petits vaisseaux cérébraux (permettant dans l’idéal un diagnostic plus facile, plus précoce, sans imagerie et ainsi moins coûteux).
- Biomarqueurs qui seraient associés à l’évolution de la maladie des petits vaisseaux cérébraux permettant la prédiction du pronostic.
- L’établissement d’une bioressource unique au monde combinant les données multi-omiques* à celles de l’imagerie cérébrale, ce qui permettra de mener des essais thérapeutiques guidés par les analyses moléculaires multi-omiques.
Côté recherche scientifique, le suivi de la cohorte BrainVasc devrait permettre d’obtenir :
- L’amélioration de :
- la compréhension des causes de la maladie des petits vaisseaux cérébraux,
- la description de l’expression clinique de cette même maladie,
- de la prédiction de l’évolution clinique des patients présentant cette maladie.
- Le développement de scores de risque polygéniques et de biomarqueurs moléculaires et d’imagerie permettant une prise en charge personnalisée,
- L’identification de nouvelles cibles pour des traitements personnalisés.
* Les omiques regroupent des disciplines qui étudient l’ensemble des éléments d’un système biologique, comme une cellule, un tissu ou un organisme. Au lieu d’analyser un seul gène ou une seule protéine, elles examinent tout le réseau de composants pour comprendre comment ils fonctionnent et interagissent. Les données multi-omiques sont des données issues de l’analyse de plusieurs omiques tels que la génomique, la métabolomique, la transcriptomique et la protéomique.
Concrètement comment se déroule l’étude BrainVasc ?
L’étude BrainVasc est menée à partir des données du soin recueillies auprès de patients admis pour un bilan vasculaire au sein des services de l’unité neurovasculaire du CHU de Bordeaux ainsi que des services de cardiologie (notamment d’hypertension et de prévention de la maladie artérioscléreuse).
A partir de cette inclusion, toutes les données de santé déjà collectées ou qui le seront dans le cadre du soin, se verront réutilisées pour mener la recherche de la cohorte BrainVasc. Ces données du soin sont stockées au sein de l’Entrepôt de Données de Santé du CHU de Bordeaux.
Lors d’un prélèvement sanguin réalisé dans le cadre du soin au CHU de Bordeaux ou dans les laboratoires d’analyse de ville, il peut rester de petites quantités de sang après avoir effectué tous les tests biologiques prescrits et nécessaires. En effet, une fois les analyses terminées, il peut rester quelques gouttes ou un tube partiellement rempli : c’est ce qu’on appelle le reliquat sanguin du soin.
Ce reliquat peut ensuite :
- être détruit, comme dans la plupart du temps,
- ou être utilisé pour la recherche, mais uniquement si les patients ont été informés et n’ont pas exprimé leur opposition (comme c’est le cas pour les patients inclus dans la cohorte BrainVasc).
Cela permet d’éviter des prélèvements supplémentaires et de valoriser des échantillons déjà recueillis pour aider à faire avancer la connaissance médicale, tout en respectant les droits des patients.
Ces reliquats sanguins du soin vont permettre la constitution d’une collection biologique qui sera liée à l’entrepôt de données de santé du CHU de Bordeaux. Ils feront l’objet d’analyses multi-omiques (génétique, métabolomique et protéomique).
Les patients participant à BrainVasc seront suivis dans le cadre du soin en consultation standardisée pendant 3 ans.
Dans un second temps, l’ensemble des participants seront également sollicités pour participer à des études interventionnelles qui leur proposeront de réaliser des évaluations :
- Un bilan neuropsychologique,
- Plusieurs évaluations : test équilibre, mesure de la vitesse de marche, évaluation des expositions environnementales (exposome) auxquelles ils sont ou ont été confrontés…
- Des analyses génétiques,
- Un bilan ophtalmologique.
Les personnes qui auront accepté de participer à cette recherche plus interventionnelle bénéficieront ainsi directement d’une amélioration de la qualité globale de leur prise en charge grâce à l’intervention d’équipes d’experts dédiés à la problématique de la santé vasculaire cérébrale.
Ils auront aussi la possibilité d’être contactés pour participer à des essais thérapeutiques innovants ultérieurs (comme des essais de prévention et de médecine personnalisée).
Comment participer ?
Les patients de la cohorte BrainVasc sont informés directement par l’équipe médicale qui les suit au CHU de Bordeaux.
Pour participer et être inclus, les patients doivent notamment remplir les caractéristiques suivantes :
- Être âgé de plus de 18 ans,
- Ne pas s’être opposé à la réutilisation de leurs données et reliquats du soin,
- Présenter une maladie neurovasculaire (AVC, maladie des petits vaisseaux cérébraux occulte, autre lésion cérébrovasculaire telle qu’une dissection artérielle cervicale, un cavernome…),
- Être admis ou suivis au sein de l’unité neurovasculaire, à la clinique de l’Accident Ischémique Transitoire, au Centre d’Exploration, de Prévention et de Traitement de l’Athérosclérose (CEPTA) ou à l’Institut des Maladies Neurodégénératives clinique (IMNc) du CHU de Bordeaux,
- Avoir bénéficié d’une imagerie cérébrale par IRM (Imagerie par Résonnance Magnétique),
- Avoir bénéficié d’un bilan biologique « vasculaire » analysé au CHU de Bordeaux.
Par ailleurs, tous les usagers du CHU de Bordeaux reçoivent une information sur la possibilité que leurs données de santé et échantillons biologiques soient utilisés pour la recherche. A titre individuel, une information est également donnée et tracée via le questionnaire « One Shot ». Les patients peuvent y exprimer leur opposition à la réutilisation de leurs données rendant ces dernières inaccessibles.
Important : l’ensemble des données de santé à caractère personnel, toutes issues de l’entrepôt de données de santé du CHU de Bordeaux tout comme les imageries, font l’objet d’une pseudonymisation** afin d’en assurer la confidentialité.
** La pseudonymisation remplace les informations identifiantes par un code pour protéger la vie privée. Les chercheurs n’utilisent alors que ces données codées, sans accès aux noms et aux prénoms.
Pour en savoir plus :
– Portail de transparence du CHU de Bordeaux
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